Livre Ces années là

Ces années-là sous la direction de Thierry Frémaux et de Pierre Lescure

Ces années-là est un livre écrit sous la direction de Thierry Frémaux et de Pierre Lescure. C’est parti pour se lancer dans 70 années de films, 70 chroniques, 70 éditions du Festival de Cannes. N’ayez crainte, ces chroniques se lisent vite et nous imprègnent des moments forts de chacune de ces années.

Ces années-là est paru le 10 mai 2017 aux Editions Stock.

Mon avis sur Ces années-là – Note 3/5

Ma culture cinématographique n’est pas mon point fort, bien que mon cher ami Canal+ me suggère chaque week-end des variétés de films. Le livre Ces années-là me proposait, lui, de voir défiler toutes ces œuvres cinématographiques, ces réalisateurs, ces atmosphères, ces pays, ces sentiments qu’ont vécus les journalistes de ces 70 chroniques.

Des journalistes français, italiens, espagnols, américains… qui ont vécu et/ou continuent à expérimenter le long tapis rouge cannois. Ils partagent leurs premiers sentiments, les films qui ont fait leur(s) année(s), leur point de vue de ce fastueux événement en constante brillance. Ils ne sont pas là pour nous parler de ces fêtes cannoises, qui ne s’en finissent pas, bien que certains sous-entendent qu’on ne dort jamais dans cette ville durant le Festival. Ils représentent la magie de Cannes, leur travail, leur chronique en dehors de ces stars, auteurs et professionnels. Ainsi, ne soyez pas déçus si vous ne retrouvez pas les pires frasques de nos chères célébrités.

70 années de Festival

Vraiment, 70 ans ?

Reprenons les choses dans l’ordre :

  • 1938 – L’idée d’un « Festival international du monde libre » est suggéré et accepté.
  • 1939 – La première édition allait débuter lorsqu’elle fut annulée le jour même. Le 1er septembre 1939, l’Allemagne déclara la guerre contre la France et l’Angleterre.
  • 1946 – Première édition du Festival international du film
  • 1948 – Le Festival est annulé pour des raisons budgétaires.
  • 1950 – Le Festival n’aura pas lieu.
  • 1951 à 2016 – S’ensuit chaque année le Festival de Cannes, où les dates ne feront que s’avancer de septembre jusqu’à un accord à la mi-mai.

Avant il y eut beaucoup d’écrivains

Tout au long de Ces années-là, on note la disparition progressive des écrivains comme Président du jury. Dès 1951, on lance le tempo avec André Maurois ; de 1957 à 1963, ne s’ensuivent que des écrivains tels que Marcel Achard, Jean Giono, Armand Salacrou. Et puis, ils vont commencer à se faire rare. Une apparition en 1970 avec Miguel Angel Asturias, puis en 1976 avec Tebbessee Williams, 1979 avec Françoise Sagan et enfin en 1983 avec William Styron. Depuis, plus rien. Beaucoup de réalisateurs, de comédiens, mais surtout des réalisateurs avec Clint Eastwood (1994), Francis Coppola (1996), Martin Scorsese (1998), Robert De Niro (2011)…

Ces jurys intellectuels ont avancé avec la Nouvelle Vague, dès la fin des années 1950. Peut-être dû au fait qu’André Malraux était Ministre des Affaires Culturelles en 1958 ? Néanmoins, ces littéraires ont laissé place, finalement, aux vrais professionnels de l’industrie cinématographique.

Les journalistes et films étrangers de plus en plus impliqués

Comme l’indique le nom d’origine du Festival de Cannes, on discute de l’international. Et tout au long de cette oeuvre, on va noter l’apparition progressive des différents pays qui vont faire le cinéma. Les italiens, où Alain Delon et Claudia Cardinale seront les fameux acteurs du milieu des années 60. Les réalisations sud-américaines, les réalisations espagnoles, les réalisations mexicaines, les réalisations indiennes… Ce sont parfois des journalistes de ces pays qui vont prendre la parole dans ces chroniques. Comme s’ils étaient les mieux placés pour en parler et ils le font merveilleusement bien. On sent cette envie de partager leurs origines, cette fierté de s’imposer dans ce monde mouvant en permanence. Chacun apporte sa pierre à l’édifice et nous offre un zoom précis sur ces films étrangers qui ont fait telle année.

On le remarque également dans les différents Présidents du jury, où de nombreux pays sont représentés (bien que certains reviennent plus régulièrement) avec le Japon, l’Italie, le Guatemala, les Etats-Unis, le Canada, la Norvège, la Serbie et la Nouvelle-Zélande.

Passages adorés comme abhorrés

Commençons par ce que j’ai abhorré pour finir sur une délicieuse note d’adoration :

  • 1954 – l’abhorrée

Jean Cocteau est Président du jury cette année-là. Je suis émoustillée d’avance, cependant voilà que les jurys ne sont composés que d’hommes. Pas de femmes. S’ajoute également une chronique agréable mais qui s’est égaré de la promesse du livre : parler de cette année, de ce travail journalistique. Oui bien entendu, Fabrice Leclerc n’était pas présent à ce Festival, mais voilà il débute sa chronique par son passé au Festival de Cannes, bien longtemps après (1985). On sent que ces souvenirs le ravissent, que ce sont des moments importants et on aime le lire. Mais j’ai estimé que cette partie débordait largement sur cette année 1954.

  • 2005 – l’adorée

Guillemette Odicino nous partage le point de vue d’une personne lambda, qui atterrirait au Festival de Cannes. Elle nous partage ses émotions, ses impressions de première découverte, en tout simplicité. Et ça, j’adore. Elle est arrivée comme cela au Festival de 2005. Elle ne faisait pas partie de l’élite et pourtant elle y était. Elle n’était d’ailleurs pas préparée. Elle nous parle de l’horaire à laquelle elle doit se lever pour commencer à travailler durant ce séjour, de ces faux airs de vacances, de la simplicité du contenant de sa valise et de son devoir d’aller acheter une tenue de soirée chez Zara. Elle n’avait rien prévu et cela est magique car elle apprend sur le tas. On découvre ce monde à travers une privilégiée non préparée.

  • 2002 – le bonus

Je l’avoue, cela n’est pas très sérieux mais cette année 2002 commence par un semblant de réplique, qui m’a longtemps fait rire. Cette réplique provient d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Vous voyez très bien de laquelle je parle, celle où Otis (Edouard Baer) entame un sacré monologue « vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises situations (…), moi si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres… ».

Caroline Vié débute sa chronique par « Pour moi, Cannes c’est avant tout des rencontres et des expériences uniques,… ».

Quand et où le lire ?

Si vous avez les moyens, je vous dirais de courir prendre un train, une voiture ou un avion pour vous diriger au Festival de Cannes. Sinon, le plus simple et la meilleure situation est tout simplement de se rendre au bar du Lucernaire à Paris.

Pour retrouver la photo, c’est sur Un Livre, Un Café

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